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Tout savoir sur la tapisserie

Dazibao Blues > Le blog de Christian et Sylvie

La tapisserie est un tissu fabriqué sur un métier à tisser ou bien à la main, dont le tissage représente des motifs ornementaux1. Le tissage se compose de deux ensembles de fils entrelacés, ceux parallèles à la longueur, les fils de chaîne, et ceux parallèles à la largeur, les fils de trame1. Les fils de chaîne sont mis en place sous tension sur un métier, et le fil de trame est transmis par un mouvement mécanique de va-et-vient sur tout ou partie de l'ouvrage. Souvent la tapisserie est une réalisation textile décorative d'ameublement, se classant dans les arts décoratifs.
L'art de la tapisserie existe depuis l'Antiquité, et beaucoup de peuples l'ont pratiqué : Grèce antique, Chine impériale, Égypte antique, civilisations précolombiennes2. La tapisserie occidentale connaît un essor formidable pendant le XIVe siècle, illustré par la Tenture de l'Apocalypse commandée par le duc Louis Ier d'Anjou.
Un grand nombre de tapisseries sont parvenues jusqu'à nous directement. Elles sont parfois grandioses (La Dame à la licorne, la tenture de David et Bethsabée3 conservée à Écouen), souvent plus modestes.

La tapisserie peut être une œuvre tissée sur un métier à tisser hautes-lices ou basses-lices, ou brodée avec ou sans métier. On distingue donc la tapisserie « de lices » de la tapisserie « aux points ». En tapisserie tissée, celui qui effectue le travail s'appelle « licier » ou « lissier4 ».
Que ce soit des tapisseries de lices5 (lisses) ou « aux points d'aiguille », on crée un carton, qui est l'ébauche en dimensions réelles de la tapisserie. Le carton n'est pas à confondre avec une peinture mais il peut être peint. Certains cartonniers, travaillant le plus souvent pour d'importantes manufactures à caractère commercial, sont spécialisés dans cette ébauche. Dans ce cas, le cartonnier n'est généralement pas reconnu comme « artiste peintre ».
Néanmoins, l'exécutant de la tapisserie peut être aussi l'artiste qui a créé le carton. Ainsi des peintres ou des artistes en d'autres domaines ont souvent créé leurs propres cartons pour tapisseries et les ont donnés à réaliser soit à des manufactures de tapisseries, des artisans liciers, soit à des façonniers en tapisseries aux points d'aiguille, soit encore les ont eux-mêmes réalisés par l'une ou l'autre des deux techniques.
Les deux techniques d'exécution de la tapisserie de lices sont utilisées par plusieurs centres de productions : manufacture des Gobelins à Paris, tapisseries d'Arras (anciennement appelées « Arrazo »), tapisseries d'Aubusson, tapisseries de Beauvais et, en Belgique, la manufacture royale de tapisserie De Wit, à Malines, et Chaudoir, à Bruxelles. Audenarde6 ainsi que Grammont (Geraardsbergen) et Enghien, sont mondialement connus pour les « verdures ».


Musei Capitolini, Rome.
La plus célèbre des tapisseries « aux points d'aiguille » est la tapisserie de Bayeux, grandiose tapisserie historique de 70 mètres de long. Techniquement la tapisserie de Bayeux est en fait une broderie ; en effet ce qui distingue une tapisserie — qu'elle soit de lisses ou aux points d'aiguille — d'une broderie, c'est que les fils de couleurs dans ce dernier cas ne couvrent pas la totalité de la surface alors que dans les deux techniques dites de tapisserie la totalité de la surface est couverte par les fils de couleur.
La tapisserie aux points d'aiguille (aujourd'hui le plus souvent sur canevas mais à l'origine il s'agissait plutôt d'une toile grossière) est connue depuis des temps immémoriaux. D'ailleurs l'aiguille ne fut-elle pas le premier outil ayant servi à confectionner un entremêlement de fils ? Le principal point commun avec la tapisserie tissée (sur métiers manuels ou mécaniques) est l'utilisation des fils de couleurs pour représenter le sujet ou la scène sur toute la surface de la tapisserie.
Bien que généralement destinée à des œuvres de moindres dimensions que le tapisserie de lisse, le tapisserie au point a permis la réalisation d'œuvres grandioses telles des tentures de lits princiers, voire des tentures murales. Toutefois la technique du point d'aiguille étant assez souvent une pratique de salon, c'est avec des ouvrages de taille plus modeste qu'elle s'est réellement épanouie. Ainsi les dessus de sièges réalisés au petit ou gros point sont, dans tous les châteaux et musées, très largement répandus.
La destination la plus répandue du tapisserie aux points fut et est encore de nos jours le tapisserie pour dessus de sièges.